Une affaire qui n’a rien en commun avec le cas Maddie
António Pragal Colaço, l’avocat des inspecteurs de la Police Judiciaire de Lisbonne accusées par le Ministère Publique d’avoir agressée Leonor Cipriano, a affirmé hier aux journalistes que ses clients vont être jugés “pour une question politique”.
Les inspecteurs Leonel Marques, Pereira Cristóvão e Paulo Bom sont accusées de torture. Le quatrième, António Cardoso, est accusé de falsification de documents car il aurait prétendument menti dans le rapport de ce qui serait arrivé à la mère de Joana.
Gonçalo Amaral, le seul inspecteur qui appartient au siège régional de l’Algarve, n’a jamais été accusé par la mère de Joana d’agression, comme l’ont prétendu plusieurs médias britanniques essaient de faire un rapprochement entre le cas Cipriano et celui de Madeleine McCann. L’inspecteur, qui attend encore de savoir s’il sera jugé ou pas, a été cité pour ne pas avoir dénoncé la prétendu agression mais son avocat, Maître Antonio Cabrita, considère que, malgré le fait que Gonçalo Amaral était le coordinateur de l’investigation, il n’a pas “l’obligation de tout savoir”, soulignant que, dans ce cas, il fallait juger également le directeur national adjoint et le directeur national de la Police Judiciaire.
Après la session préliminaire d’hier du Tribunal de Faro, la juge Ana Lucia Cruz a 10 jours pour décider quels seront les inspecteurs à être jugés et pour quelle accusation.
Si Leonor Cipriano, condamnée à 16 ans de prison pour l’assassinat de sa fille, prétend avoir été agressée et torturée par trois inspecteurs de Lisbonne, la Police Judiciaire a toujours affirmé que la maman de Joana a voulu se suicider en se jetant du haut des escaliers.
L’avocat des 3 inspecteurs accusés de torture a d’ailleurs fait appel au rapport d’un médecin français a propos de la mort de Diana a Paris en 1997, dans lequel il confirme que les marques dans les yeux et le visage de la princesse ont été faites en conséquence de l’accident, ce que renforcerait la thèse dont les hématomes dans le visage de Leonor Cipriano pouvaient être le résultant de sa tentative de suicide comme les inspecteurs ont toujours défendu.
La mort de Joana
Joana Isabel Cipriano Guerreiro, avait huit ans le jour de sa disparition. Sa mère et son oncle ont été jugés et condamnés pour sa mort malgré le fait que le cadavre n’a jamais été retrouvé.
Un mois après la disparition de Joana, dans un moment ou sa mère et son oncle avaient déjà confessé le crime, sans toutefois révéler la destination du corps, la direction nationale de la Police Judiciaire décide d’envoyer a Faro trois inspecteurs avec la charge de retrouver Joana.
Leonor et João Cipriano sont interrogés à nouveau mais s’ils ont confessé le crime, ils n’ont jamais voulu révéler ou se trouvait le cadavre.
João, l’oncle de Joana, est manipulateur, violent sous l’influence de l’alcool. L’enquête a révélé que le jour de la disparition de sa nièce il avait d’ailleurs passé l’après-midi à boire. João et Leonor font partie d’une famille décrite par le voisinage comme très bizarre ou il existe un historique “de relations sexuelles entre les enfants (frères et sœurs) et ses progéniteurs, violence familiale et possibilité de consanguinité.”
João avait des rapports sexuels avec sa sœur jumelle, Anabela, mais aussi avec Leonor, qui avait été obligé à se prostituer par sa propre mère. Leonor avait trois enfants avec elle et un quatrième avec qui elle n’avait plus aucune relation.
Pour expliquer leur crime, João et Leonor Cipriano ont affirmé que Joana les aurait vus en pleins rapports sexuels les menaçant de tout raconter à son beau-père. Une explication que la Police judiciaire n’a pas accepté car Joana aimait sa mère et elle se serait sans doute tu a propos de l’incident.
L’investigation a conclu que João aurait violé sa nièce devant la passivité de sa mère, et que les deux ont agressé l’enfant provocant sa mort, ce qu’explique le motif pourquoi ils ont caché le corps : João préférait admettre qu’il avait tué Joana plutôt que dire qu’il l’avait violé. Sans corps il n’y aurait pas la moindre possibilité de prouver le viol.
João Cipriano a avoué, premier aux inspecteurs et en suite a son avocat, confirmant l’agression où Joana avait « resté à terre sans bouger» mais aussi affirmant que, pendant que la mère a fait semblant de rechercher sa fille en compagnie de son compagnon, c’est lui qui a découpé le corps avant de le cacher dans une voiture destinée à la casse, emportée en Espagne ou elle fut brulé et compactée.
Celle-ci a c’est la version admise par João Cipriano aux inspecteurs et, le jour suivant, en présence de son avocat. Mais quand ils lui ont demandé s’il avait abusé de la nièce il a répondu indigné : “Je ne l’est pas fait de mal, seulement tué”.
Dans la maison où Joana vivait, la police scientifique a trouvé les sandales que sa mère avait dit qu’elle portait au moment de sa disparition. Ils ont également trouvé des traces de son visage et de ses mains dans les murs, confirmant les déclarations de son oncle. Des traces de sang au sol et dans le frigidaire où João dit avoir maintenu le corps avant de le placer dans la voiture. Des vestiges biologiques – possiblement du sperme – ont été trouvés dans le lit de Joana et dans une paire de slips de l’enfant
Pendant l’interrogatoire de Leonor, pensant que les autres avaient déjà avoué, elle admet les faits puis se tourne vers une photo de Joana, qui était collée au mur, et lui demande pardon. Incontrôlée, crie qu’elle va se tuer. L’inspecteur était encore occupé à rédiger le rapport de l’interrogatoire qu’il entend des cris. Les collègues lui disent que Leonor s’est lancée dans les escaliers voulant se suicider. Elle sera conduite devant un médecin et amené en prison.
Le jour suivant un appel téléphonique anonyme informe la police que dans la prison ils sont en train d’essayer de convaincre Leonor à dire qu’elle aurait été agressée par les inspecteurs : la directrice de la prison envoie une lettre avec des photos de Leonor au Directeur National de la police et a la presse accusant les inspecteurs d’agression. La lettre d’une autre prisonnière contredit cette version : elle affirme que la mère de Joana avait dit a la prison qu’elle serait tombé dans les escaliers mais qu’après une réunion avec la directrice de la prison, elle change sa version et affirme avoir été torturé et qu’elle compte toucher une indemnisation.
Malgré plusieurs confrontations avec les inspecteurs, Leonor Cipriano a confirmé a plusieurs reprises ne pas les reconnaître ce que n’a pas empêché le Procureur d’avancer avec le procès, admettant que lui aussi ne pouvait pas garantir qu’il s’agissait des bons inspecteurs ou se l’agression a eu vraiment lieu. Une décision qualifiée de politique par l’avocat des inspecteurs et par le Syndicat des Fonctionnaires d’ Investigation Criminelle.
(English version)